Canopée
Le confinement nous a obligé à nous limiter à ce que nous avions à portée de mains, à faire avec les moyens du bord. « Créer dans un contexte de confinement, où le temps, à la durée incertaine, semble se dilater, où l’espace se réduit et où les moyens et les outils se limitent à ce qui est à portée de main ». De là est venu le polyptique, tout prenait forme sous nos yeux, sur tous les murs, des dessins de pins et de canopées à aller chercher pour s’élever au-dessus de notre condition humaine. Le confinement a aussi étiré le temps, en a fait une durée incertaine, dilatée, distendue, au point de douter de son existence. Un espace-temps dont la courbe diluée offre des moyens limités à ce qui nous entoure, à ce qui est à portée de main, est une possibilité de penser autrement, d’imaginer une nature reprenant sa liberté, sauvage et sérieuse, sachant mener la pousse de ses branches. La forêt est une forme libre, une nature qui se déploie, dans un temps et un espace que l’humain ne peut atteindre, confiné, limité à sa maison et laissant pour un moment la canopée se mouvoir agilement, sereinement, au-dessus des intérêts humains, au-dessus des préoccupations et des réformes, des formes normées et imposées. « La série Canopée, forêt de formes libres ». Ainsi le spectateur est invité à « une balade au gré du déploiement naturel du trait, une ballade de l’esprit », une élévation amenant à voir les choses autrement, d’un peu plus haut, à une distance où la beauté des arbres se révèle et vient révéler une beauté trop souvent invisible. S’élever au-dessus de notre conditionest un voyage d’une douceur exquise, douloureusement merveilleux, parce que la nature nous indique un chemin, qui, si nous l’empruntons, donne un sens à notre existence.
Marie Piermano





























































